Ce conte-là se termine cette semaine :)

Fanfreluche a baigné mon enfance par ses contes magiques qu’elle lisait dans un grand livre (sur les ondes de la télévision de Radio-Canada).

Et voilà! Comme la Fanfreluche de mon enfance et ses grands livres remplis d’histoires merveilleuses, je tourne définitivement la page sur 10 ans d’activité professionnelle… En effet, les textes qui paraîtront sur la Vitrine du Bas-Saint-Laurent le vendredi 13 juillet prochain seront les derniers que j’aurai ajoutés ou modérés.

Lorsque je suis arrivé à la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent (CRÉBSL) à l’été 2002, on m’a dit qu’on cherchait quelqu’un de polyvalent pour non seulement occuper la fonction d’agent d’information mais également mettre en oeuvre le Plan stratégique de communication du Bas-Saint-Laurent; autrement dit, on cherchait une grande gueule qui savait tout et ne connaissait rien :) Mon portrait-robot!

J’ai quitté la CRÉBSL huit ans plus tard (à l’été 2010) pour devenir travailleur autonome. Je me considère chanceux d’avoir pu démarrer cette nouvelle carrière avec trois contrats en poche qui m’ont occupé (et même trop…) : le ROSEQ, Le Québec maritime et la Vitrine du Bas-Saint-Laurent… puisque qu’au moment de mon départ, ma collègue Isabelle Rioux B. était en congé de maternité et que sa remplaçante, Julie Carré, allait se retrouver seule pour quelques mois. Cela me convenait donc ainsi qu’à autant à mon ancien directeur général.

Depuis le printemps 2011, en raison d’une surcharge de travail, et par la suite, à cause de mon embauche comme enseignant en Techniques de tourisme au Cégep de Matane, j’ai eu recours aux services de Julie Gaudreault (À la lettre !) pour m’aider dans la gestion quotidienne du site. Avec la naissance prochaine de son 2e enfant, Julie a terminé son travail avec moi au début de juin.

Vers la mi-mai, on m’a confirmé mon retour au Cégep de Matane comme enseignant à la session Automne 2012. C’est l’élément déclencheur dans ma décision de tourner complètement la page sur mon rôle d’édimestre de la Vitrine du Bas-Saint-Laurent. Je pourrai donc continuer à partager mon savoir-faire, mon savoir-vivre (pas de commentaires S.V.P….) et surtout, montrer aux étudiants ce qu’il faut éviter :)

Quel bilan tiré de tout ça?

J’ignore si d’autres régions et d’autres CRÉ ont créé des sites similaires à la Vitrine mais il me semble que non. Dans tous les cas, cela s’est avéré un des « bons coups » de la CRÉ du Bas-Saint-Laurent. Combien de fois ai-je entendu des témoignages, notamment de la part de participants à des séjours exploratoires, qui disaient qu’ils avaient trouvé leur emploi grâce à la Vitrine du Bas-Saint-Laurent.

Je suis très fier que l’on m’ait permis d’en être le responsable depuis 2002 et je crois qu’à l’intérieur de mes tâches, j’ai réussi, avec l’aide de bien du monde, à convaincre plusieurs intervenants de notre région que c’était un outil promotionnel essentiel et de la première importance et qu’ils devaient y accorder de l’importance et s’en servir dans leurs propres efforts d’information, de recrutement et de rétention.

La Vitrine du BSL a également été le prétexte pour créer un réseau informel régional de communicateurs et de fournisseurs en communication. C’est quelque chose de précieux même si ce n’était pas dans la mission de la CRÉ. J’ai servi la Vitrine (!) et la Vitrine m’a bien servi ainsi que la CRÉ dans l’établissement d’un sentiment d’appartenance à la région. On entend enfin des individus dire qu’ils sont Louperivois, Rimouskois, Témiscouatains, etc. ET Bas-Laurentiens!

Je crois également que la fin de mon mandat constitue une précieuse occasion pour effectuer une très bonne mise à niveau de ce site malgré ses 1 700 000 pages vues dans la dernière année (avril 2011 à mars 2012 – 12 % d’augmentation par rapport à l’année précédente).

De façon sommaire, voici ce que je retiens particulièrement de ce site et ce travail :

  • À moins d’erreur, la Vitrine du Bas-Saint-Laurent demeure encore le seul portail régional avec l’actualité, des offres d’emplois et des activités qui couvrent l’ensemble de la région administrative du Bas-Saint-Laurent. Aucun autre média public ou privé ne le fait.
  • La section Offres d’emplois remplit vraiment son rôle! Elle est devenue un très bon portail pour aider à la recherche d’emplois dans la région. Faites une recherche sur Internet en utilisant le nom de la MRC bas-laurentienne de votre choix suivie du mot «emplois» et vous devriez obtenir systématiquement (à une exception près), une page de la Vitrine du Bas-Saint-Laurent.
  • Outre son utilité première, toute l’actualité régionale sur le site permet d’illustrer le dynamisme des intervenants locaux et régionaux tout en confirmant que le Bas-Saint-Laurent constitue une région avec plusieurs charmes pour venir s’établir.
  • Sans être un véritable média social comme Facebook, Twitter et autres, la Vitrine du BSL a été un des premiers sites en région à utiliser la technologie des canaux RSS afin de permettre le partage de son contenu sur d’autres sites. Ainsi, il y a présentement près de 25 sites (sinon plus) qui affichent l’actualité, l’agenda ou les emplois directement de la Vitrine.
  • De plus, plus de 200 personnes ont suivi la formation que j’ai donnée pour mettre soi-même les communiqués sur le site. À la longue, je me rends compte que cette formation s’est avérée une façon de permettre à une foule de partenaires de s’approprier le site et d’en faire en partie le leur.
  • L’agenda a changé de configuration à quelques reprises mais depuis l’intégration du contenu de fleuve.net, il est de plus en plus représentatif de ce qui se passe dans la région.
  • Je n’oublie pas qu’en 2005, la Vitrine du BSL avait terminé finaliste dans sa catégorie au Gala des prix Boomerang et un peu plus tard au printemps 2006, également finaliste au concours des Mérites du français dans les TI de l’Office québécois de la langue française. De plus, à cette époque, nous n’étions que deux à travailler sur le site; les collaborattions développées ultérieurement étaient presque inexistantes.

Et mes remerciements vont à…

Et comme à la remise des Oscars, que vous soyez un utilisateur ou un collaborateur de ce site, je termine en vous remerciant d’avoir fait de ce site, un exemple de concertation régionale et de promotion de notre qualité de vie et de notre dynamisme.

  • Mes salutations les plus amicales et respectueuses à Django Blais de Conception Oznog Co. Multimédia, le génie programmeur, concepteur de l’outil de gestion de contenu Neural, qui m’a aidé et guidé tout au long de cette aventure. Bien des fois, je ne comprenais pas ce qu’il m’expliquait mais j’avais le net sentiment de me coucher moins niaiseux… :)
  • Merci aux organismes d’employabilité de la région et en particulier à ceux qui font un travail hebdomadaire dans leur page respective d’offres d’emplois. Je pense notamment à SAE Kamouraska, Accès-Emploi, Charbonex Inter et Tremplin Travail.
  • Merci aussi aux directions des ventes des hebdos régionaux et du quotidien Le Soleil de nous avoir permis de donner une seconde vie aux offres d’emplois parues chez eux, semaine après semaine depuis 2005.
  • Merci à mes collègues communicatrices à la CRÉBSL, Isabelle, Julie et Stéphanie, qui ont pris la relève lorsque je comprenais qu’il était que je parte en vacances :)
  • Merci à tous les organismes locaux et régionaux qui font paraître une partie du contenu de la Vitrine sur leur propre site; c’est une formule gagnant-gagnant;
  • Et merci à celles et ceux qui prennent le temps de placer eux-mêmes leurs textes et activités sur la Vitrine; vous vous reconnaitrez.

Et le relève sera désormais assurée par

Il me fait grand plaisir de vous présenter celle qui désormais prendra les rênes de la gestion de la Vitrine du Bas-Saint-Laurent à compter du samedi 14 juillet 2012 : Il s’agit d’Isabelle Boulin-Gagné, conseillère en communication et relations publiques, et propriétaire de l’entreprise Le mot juste communication. Je lui souhaite de tout coeur d’avoir autant de plaisir avec ce mandat et à travailler avec vous.

Modifications importantes aux coordonnées

Nous profitons aussi de ce changement de garde pour modifier les coordonnées pour rejoindre Isabelle. Voici celles que vous devrez désormais utiliser :

Isabelle Blouin-Gagné, édimestre
Vitrine du Bas-Saint-Laurent
186, rue Lavoie
Rimouski (Québec) G5L 5Z1
Courriel : edimestre@bas-saint-laurent.org (au lieu de edimestre@bas-saint-laurent.net)
Tél. : 418 732-5449 (le cell. d’Isabelle)

1UTC Dimanche 8 juillet 2012 at 19:54 30 commentaires

Je ne prendrai pas ce train là…

Bonjour.

Le Québec bouillonne par les temps qui courent mais ne vous en faites pas, je ne vous parlerai pas ici de la loi 78, des manifestations et autres facettes de notre printemps érable.

Je vais plutôt vous parler d’une situation qui m’a fait bouillir à plusieurs reprises (et ça continue). J’aimerais donc vous parler d’un train spécial que je côtoie assez régulièrement depuis que j’ai commencé à enseigner au Cégep de Matane en août dernier.

Je désire simplement vous parler des ces $#&?$*?% de trains routiers. Dans les faits, je n’ai rien à redire à propos des conducteurs (je suis toujours admiratif lorsque j’en vois un capable de faire tourner son grément comme sur un dix-sous) mais plutôt de la règlementation qui encadre la circulation de ces mastodontes.

Il vous est sûrement déjà arrivé de croiser ces ensembles composés du «tracteur» (le camion) et deux remorques sur une autoroute au Québec entre les mois de mars à novembre (il leur interdit de circuler de décembre à février). En général, ils sont facilement identifiables puisqu’ils doivent obligatoirement afficher un panneau rouge avec la mention «train routier» derrière la dernière remorque (comme sur la photo).

Par ailleurs, ils ne sont pas trop difficiles à dépasser sur une autoroute dans la mesure où la voie de gauche est libre et que l’on n’a pas une sortie à prendre dans une courte distance…

Entre Matane et Bâton rouge (oups) Rimouski

Donc, depuis août 2011, j’effectue des allers-retours quotidiens (ou presque) entre Rimouski et Matane. En général, je parcours une distance hebdomadaire d’environ 800 km (faut que je pense à m’acheter des actions de pétrolière…). Je n’ai pas compté le nombre de trains routiers qui j’ai suivis ou croisés sur la route 132 (pas sur une autoroute) mais ils sont nombreux.

Toutefois, après en avoir aperçus quelques-uns, j’ai commencé à me demander pourquoi je ne voyais jamais le fameux panneau rouge (surtout lorsque j’entamais un dépassement pour aussitôt me rendre compte que c’était un train routier et qu’il était plus sage de rester derrière et d’attendre la seule voie de dépassement sur 100 km…).

Curieux de nature et de plus en plus frustré, j’ai donc pris mes responsabilités en appelant au ministère des Transports (où j’ai reçu un service très courtois). Après quelques essais (car les préposés de première ligne n’avaient pas la réponse au bout des doigts mais la direction régionale, si), on m’a répondu que l’affiche obligatoire du panneau rouge ne s’appliquait qu’aux trains routiers circulant sur les autoroutes. « Pardon? Uniquement sur les autoroutes dites-vous? » demandai-je pour être certain que j’avais bien compris. Et c’est le cas! (à moins, bien sûr, que j’ai encore écouté comme un gars et compris la moitié de ce qu’on m’a dit :)

Depuis ce temps, je me questionne sur la subtile subtile nuance « à la Pierrafeu » entre l’affichage obligatoire du panneau rouge lorsqu’un train routier circule sur une autoroute et son absence sur une route nationale comme la 132. Peut-être que ceux qui circulent sur une autoroute en compagnie des camions ont une mauvaise vision ou qu’ils sont légèrement moins intelligents que ceux qui roulent sur les routes nationales… Je ne sais pas.

Mais je me demande surtout qu’est-ce qui a bien passer entre les deux oreilles de la « cruche-pas-d’anse-pétée » (comme le dirait mon professeur de 1re secondaire, monsieur Proulx) qui a pensé et écrit cette réglementation. Eille chose! C’est plus dangereux à dépasser ces affaires-là sur une route à rencontre que sur une autoroute.

Ceci dit, je vous promets que la prochaine fois que je suivrai un train routier sur la 132, je ne lâcherai pas le volant pour frapper sur une casserole pour signifier mon incompréhension face à cette situation. Par contre, je peux vous dire qu’il y a quelqu’un quelque part dans une officine gouvernementale qui devrait manger un coup de poêlon en fonte derrière la tête!

Sur ce, amusez-vous bien et soyez prudents sur la route.

1UTC Samedi 26 mai 2012 at 06:06 2 commentaires

À vous, enfants meurtris du Québec

Thuy Aurélie Nguyen, auteure de «À vous, enfants meurtris du Québec»

Je ne suis décidément pas régulier sur mon blogue… et je m’en excuse; faute de temps ou autre mauvaise excuse. Par les temps qui courent, je préfère aider à la diffusion de textes écrits par d’autres lorsque ceux-ci me touchent et expriment de bien meilleure façon ce que je voudrais écrire.

C’est le cas de ce poème intitulé «À vous, enfants meurtris du Québec» écrit par Thuy Aurélie Nguyen, une magnifique jeune femme originaire de Lyon et établie à Rimouski depuis quelque temps. Je trouve qu’elle est elle-même un exemple de cette jeunesse qui force les plus vieux ou les plus immobiles à se remettre en question parce qu’ils ont une autre façon de vivre (ou vouloir vivre) en société.

Voici donc ce magnifique texte publié avec son aimable autorisation.


À vous, enfants meurtris du Québec
par Thuy Aurélie Nguyen, vendredi 18 mai 2012

À vous, qui vous êtes levés un matin
Pour plus de justice
Pour plus d’égalité
Suspendant le cours de vos vies
Pour entrer dans la Vie
Acceptant l’inconfort et l’incertitude
Des lendemains
Pour le bien commun
Avec pour seul emblème
de votre refus
un carré rouge

À vous, enfants meurtris du Québec
Qui marchez dans la rue
Depuis des mois
Supportant les coups de matraques
Le poivre de Cayenne
Les bleus, les insultes
Les barreaux des prisons
La violence des « forces de l’ordre »
L’arrogance, le mépris
De ceux qui soit-disant gouvernent
Mais qui en réalité usurpent les titres
jettent la honte et l’opprobre
sur le peuple
et désavouent la fonction même du politique
qui est de mettre de l’ordre dans la cité
pour que les citoyens puissent vivre ensemble
dans une direction commune
sans se déchirer

À vous, enfant meurtris du Québec
Que l’on traite d’enfants rois, de bébés gâtés
Alors que vous êtes exemplaires
Vous êtes : notre étendard
Ceux par qui arrive le réveil de toute une nation
Ceux qui nous sortent de notre léthargie
De notre sommeil
Vide de sens et de conscience
Ceux qui nous rassemblent
Et choisissent de s’engager
Avec vous nous apprenons
À répondre de nos actes
À répondre de nos paroles
À être fidèle à notre cœur
À ne pas céder à la peur
À la tyrannie de l’intimidation

À vous, enfants meurtris du Québec
Pas écoutés, bafoués, humiliés
Et qui pourtant avancez dans la rue
Nus, désarmés
Pour nous apprendre la vulnérabilité
Qui renouez avec la sagesse du monde
Avec Gandhi, avec Thoreau
Pour nous apprendre la désobéissance civile
Lorsqu’il est temps
Pour éviter d’avancer dans la vie
Comme des zombies, comme des moutons
Que l’on conduit à l’abattoir
Et qui ne relèvent la tête
Que pour se la faire couper

À vous, enfants meurtris du Québec
Vous ne serez pas des martyrs
J’ai mal à l’âme, j’ai mal au cœur
J’ai peur pour ceux que l’on menace
Je tremble pour les enfants qui ont grandi
Trop vite dans une société qui se dégage
De toute responsabilité
Qui use de mauvaise foi
À tour de bras et de manivelle
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? »
« Si ce n’est toi c’est donc ton frère. »
Et qui manigance, qui tournicote, qui traficote
Qui punit les manifestants masqués
Comme si eux avançaient sans armure
À visage découvert

Ô toi qui nous gouvernes sans gouvernail
C’est la fin de l’enfance
De l’adolescence
De l’insouciance
Nous ne pouvons plus fermer les yeux
Nous ne pouvons plus dire
« Tu n’a rien vu à Hiroshima »
Aujourd’hui je vois
Que tu fais mal à mon peuple
Celui que j’ai choisi
Cette liberté que j’aime tant chez lui
De d’expression, de création,
Ce grain de folie qui fait tant de bien
À la Française, à l’Européenne que je suis,
Tu veux la bâillonner !
Mais c’est pour cela même que j’ai traversé l’océan
C’est pour trouver ma voix dans ce pays neuf
C’est pour renouer avec mes racines
C’est pour guérir de mes peurs
Dans cet espace vierge et vaste
où tout est à inventer

C’est pour cela que je m’insurge
Et que je dis : non !
Non, je ne suis pas d’accord
Non, tu ne peux impunément
Dans ce pays démocratique
Bafouer la voix de tes enfants
Fouler aux pieds les libertés fondamentales
En faisant comme si de rien n’était
Ni vu ni connu
Et la dictature, et les chars, et la torture ?
Vont-ils apparaître bientôt dans le paysage
Et font-ils partie de ce tour de passe-passe?

Ô toi qui gouverne sans gouvernail
Veux-tu vraiment que les morts se lèvent ?
Que les fondateurs de cette nation se retournent dans leur tombe ?
Veux-tu l’apocalypse, la fin du monde ?
Est-ce vraiment cela que tu veux
Déclencher une guerre civile ?
Quand un même peuple se déchire en deux
On appelle ça un fratricide
Quand un père tue ses enfants
On appelle ça infanticide
« Liberté j’écris ton nom »
dans le ressac du Saint-Laurent
et je joue du tambour
sur l’île au Massacre
débaptisée pour effacer
les déchirements d’un peuple
et oser la réconciliation

Ô toi qui gouverne sans gouvernail
Mesures-tu la portée de chacun des actes que tu poses
de chacune des paroles que tu prononces
As-tu oublié que tu es au service du peuple
Que tu le représentes ?
Que ta fonction est un don, est une grâce
Qu’il s’agit d’habiter le plus dignement possible
Et non un dû à conserver coûte que coûte
Pour prolonger faveurs et passe-droits ?
L’oubli pèse lourd sur la conscience
Et le remords ronge les insouciants

Ô toi qui gouverne sans gouvernail
Sais-tu que tes enfants pleurent chaque nuit dans le noir
Avant de se lever le matin et de partir au front
En vaillants petits soldats
Avec leurs paroles et leurs écrits
Ils se serrent les coudes
Avec pour seule arme
La sensation que leur combat est juste
Nécessaire, essentiel
Pour le monde dans lequel ils veulent vivre
Puisse advenir

Ô toi qui gouverne sans gouvernail
Sais-tu si quelqu’un est là pour les bercer
quand ils ont peur
Pour les réchauffer
Quand ils grelottent
Pour éteindre les incendies
Allumés dans leur cœur
Par l’autorité en laquelle ils n’ont plus foi
Et qui les consume chaque jour
Un peu plus autant que leur faim ?

Ô toi qui gouvernes sans gouvernail
Tu es là et pourtant tu n’entends pas
Tu es là et pourtant tu ne vois pas
Que te faudra-t-il donc pour lever ce voile
Qui t’aveugle et te fait trébucher ?
Quelle est cette peur immonde
Qui étreint ton cœur au point
Que tu ne daignes pas lever les yeux
Sur tes enfants ?
Ils demandent
À être traités comme des être humains
Et non comme des parias
Ou des criminels
Ils ouvrent la voix du dialogue
Et tu leur barres les portes
Ils offrent leur bonne volonté
Et tu les mets hors-la-loi
Comme au temps des cowboy
Et des indiens

Ô toi qui gouverne sans gouvernail
Au petit bonheur la chance
Sache que nous sommes debout
Et nous ferons entendre notre voix
Quelle qu’elle soit
C’est un droit trop chèrement acquis
Pour le déposer à tes pieds
Sans combattre
Sans écrire
Car écrire est un acte politique
Et c’est la voie qui est la mienne

À vous, enfants meurtris du Québec
Recevez toute ma gratitude
Car en ce 18 mai 2012
Je décide de faire acte de présence
Acte de constance et de persévérance
Acte d’allégeance aux minorités en nous
Qui ne sont pas entendues
Et je m’engage de tout mon corps
de tout mon cœur, de toute mon âme
Dans cette voie qui m’attend depuis toujours
Et que j’ai toujours refusé d’assumer
Par peur, par préoccupation, par lâcheté
Celle d’écrivaine
Je nais à ma vocation
Suscitée par votre maturité
C’est un appel du dedans
Qui attendait l’étincelle
Vous êtes ceux qui ont mis le feu aux poudres

À vous, enfants chéris du Québec
Veillons ensemble pour un monde plus juste
Pour plus de sens et de beauté
Sans nous voiler la face
Sans tomber dans l’idéal
Qui fait haïr l’écart avec le réel
Assumons qui nous sommes
Et qui nous devenons
Assumons nos vocations
Ce pour quoi nous sommes sur cette terre
Faisons chacun ce que personne d’autre ne peut faire
Mieux que nous
Ensemble
Car seuls nous ne pouvons rien
Oui, soyons solidaires
De nous, des autres, du monde qui nous entoure
Ayons le souci de l’autre comme de nous-même
Marchons, chantons, rêvons
Enfantons
Arrosons les graines de notre jardin
Veillons ensemble à ce que les intempéries
Ne nous fassent jamais, jamais perdre la flamme
D’amour brûlant qui nous anime
Nous verrons où cela nous mène.
J’ai confiance en notre avenir.

1UTC Dimanche 20 mai 2012 at 07:02 Laisser un commentaire

L’opinion de VLB : J’aime moins la télévision qu’avant

J’ai reçu ce matin (dimanche 18 septembre 2011) deux textes de Victor Lévy Beaulieu suite à sa nomination comme récipiendaire du Grand Prix de l’Académie du cinéma et de la télévision 2011 (les Prix Gémeaux).

J’ai placé le premier texte sur la Vitrine du Bas-Saint-Laurent alors qu’il m’est plus difficile de le faire pour le second car il déroge à la politique éditoriale en vigueur. Par contre, je trouvais ce 2e texte de VLB tellement intéressant que je me permets de le reproduire intégralement en lui donnant évidemment tout le crédit.

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«J’aime moins la télévision qu’avant. Je trouve qu’elle ressemble à ce qui est survenu à la Ligue nationale de hockey quand celle-ci s’est lancé dans une expansion déraisonnée, avec le résultat qu’on connaît : un sport qui n’en est plus un parce qu’animé par un trop grand nombre de joueurs sans véritable talent qui se servent de leur bâton de hockey comme d’une arme et de leurs corps comme d’un char d’assaut. Une violence toute américaine dont l’accomplissement parfait est celui de tous ces sports dits extrêmes où l’on voit des hommes et des femmes encagés, se frappant de coups de poing et de coups de pied, au grand plaisir d’une foule devenant hystérique quand le sang jaillit.

J’aime moins la télévision qu’avant. Depuis la multiplication des chaînes et sa concentration entre les mains de quelques propriétaires, on ne peut plus parler vraiment de qualité : le petit écran est devenu un gigantesque fourre-tout dont la médiocrité saute aux yeux dès qu’on a le courage de passer une journée devant son téléviseur. C’est que la télévision ne pense plus guère, elle se contente de plus en plus de réfléchir comme un miroir ce qu’elle croit que la société est devenue : un ramassis de faits divers que rien ne relie entre eux, sinon la bonne conscience de ses animateurs qui croient qu’en agissant ainsi, ils vous apportent la démocratisation de la télévision. Tout le monde y a désormais droit de parole, et davantage ceux qui sont tordus que les gens de santé, davantage ceux qui sont malades, paumés, imbéciles, détraqués ou devenus légumes que les citoyennes et les citoyens débordant d’un trop-plein de vie.

J’aime moins la télévision qu’avant. Je trouve qu’elle est devenue bien tonitruante : même ceux qui animent les bulletins de nouvelles ne cessent pas de me crier par la tête. Et que dire de tous ces animateurs de foules qui croient qu’un quizz et qu’un show dit de variétés ne peuvent pas exister sans qu’on ait toujours les baguettes en l’air et la voix à l’avenant!

J’aime moins la télévision qu’avant. Et moins aussi les chroniqueurs qui ont pour métier de me parler d’elle. Ils n’en ont plus que pour le vedettariat : un pet d’André Angelil, la désintoxication d’Éric Lapointe, le divorce des uns et le rabibochage des autres, Danny Turcotte qui joue le fif auprès d’André Boisclair et Guy A. Lepage qui fait une montée de lait, c’est maintenant ce qu’on appelle de la nouvelle et le bon peuple doit en savoir le long et le large. C’est que le monde des vedettes et celui des chroniqueurs forment une société fermée, qui ne s’adresse plus vraiment au monde, mais à elle seule.

J’aime moins la télévision qu’avant. Parce que les émissions dites sérieuses sont devenues les laissés-pour-compte du petit écran. On n’en parle pour ainsi dire jamais. Par exemple, La semaine verte célèbre cette année la quarantième année de son existence et ses concepteurs ont produit quatre merveilleuses émissions qui nous montrent, non seulement son évolution, mais celui de toute la société québécoise. Aucun de nos chroniqueurs n’en a dit un mot. Il en va de même pour Découverte, Planète science, Super science et la plupart des grands reportages que diffuse la chaîne RDI. Qui sait ce que sont Les agents du changement, une formidable série sur l’écologie, le développement durable et cette transvaluation de toutes les valeurs qui fut si chère à Friedrich Nietzsche?

J’aime moins la télévision qu’avant. Ses archives sont pleines de trésors, qu’on aurait grand intérêt et grand plaisir à revoir. Mais ça demanderait du travail, donc de l’argent à investir, et nos grands diffuseurs ne veulent ni de l’un ni de l’autre. Pour la centième fois, on a droit à Scoubidou, à Ma sorcière bien-aimée, à C.S.I. Miami, à La petite maison dans la prairie, à Beverly Hills ou à FBI, flic ou escroc. On peut désormais passer toute sa journée devant son téléviseur à ne voir que ce qu’il y a eu de moins bon à la télévision américaine des années 1960 à 1980.

J’aime moins la télévision qu’avant. On y parle de moins en moins bien notre langue, on l’écrit comme si elle ne nous appartenait déjà plus. Sur ces fils de presse qui défilent au bas de nos petits écrans durant les bulletins de nouvelles, on y fait une faute à tous les cinq mots et personne ne semble s’en préoccuper étant donné que ça ne cesse pas de passer et de repasser inlassablement.

J’aime moins la télévision qu’avant. Depuis qu’elle n’est plus nationaliste, mon être identitaire s’y perd. Dans certains bulletins de nouvelles de la télévision de Radio-Canada, pas moins du tiers qui s’y dit l’est souvent en anglais, puisqu’on n’y traduit plus rien. On peut bien élire dans le comté francophone de Berthier-Maskinongé une unilingue anglophone et l’y accueillir à bras ouverts : n’est-elle pas le nouveau rêve qui nous habite depuis que nous ne sommes plus nationalistes parce que nous avons mis au vestiaire notre être identitaire?

J’aime moins la télévision qu’avant. Tandis que le rêve américain s’effondre, nous importons des États-Unis de plus en plus d’émissions et de films dont on ne prend même plus la peine de traduire les génériques ni les titres (par exemple, The Price is Right). Avez-vous regardé une seule fois Qui perd gagne, cette émission sur des obèses étatsuniens qui sont récompensées quand ils maigrissent et punis quand ils ne maigrissent pas? Au-delà de toute indignité c’est!

J’aime moins la télévision qu’avant. Les publicités, notamment sur la bière, me rendent honteux. Non seulement on y représente toujours la femme comme un objet à consommer au même titre que le houblon, mais la firme Sleeman, sous le prétexte de nous raconter les commencements de la brasserie, nous amène dans le Chicago d’Al Capone, mitraillettes et tueries à la clé. Ce n’était pas bien, nous dit le commentateur de la chose, mais quelle bonne bière cela nous a donné! Mais il y a pire. De plus en plus, notre société se sert des enfants pour mieux vendre ses produits. Je pense notamment à cette publicité qui nous montre un tout jeune garçon qui nous vante la voiture qu’il vient d’acheter et qu’il considère comme sa maison, y jouant, toutes portières accessibles, sans qu’on exerce la moindre surveillance auprès de lui.

J’aime moins la télévision qu’avant. On y privilégie les films américains et les films québécois qui leur ressemblent. Sauf exceptions (celle d’André Forcier notamment), je ne trouve maintenant qu’une différence entre le cinéma américain et le nôtre : alors que le drapeau américain flotte partout et souvent dans tout film hollywoodien, on ne voit jamais le fleurdelisé dans notre cinéma. Rien d’autre qu’un hasard?

J’aime moins la télévision qu’avant. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous évente. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous éventre. De quoi comprendre que mon nationalisme et mon être identitaire en saignent comme cochon qu’on égorge.»

Victor-Lévy Beaulieu
Grand prix de l’Académie de la télévision et du cinéma 2011

0UTC Dimanche 18 septembre 2011 at 14:09 5 commentaires

I don’t speak English but I french well!

Dave Douglas & Keystone à Rimouski

Dave Douglas & Keystone sur la scène de la salle Desjardins-TELUS à l'occasion de la 26e édition du Festi Jazz international de Rimouski en 2011.

Bon samedi ensoleillé!

Je sais que ça fait tout un bail que je n’ai pas pris le temps d’écrire un article sur mon blogue mais j’ai finalement effectué des changements importants au niveau professionnel depuis peu. En effet, j’ai passé une entrevue au début de juin pour un poste d’enseignant en techniques de tourisme au Cégep de Matane et j’ai obtenu le poste. Il s’agit presque d’un temps plein pour l’automne. On verra après.

J’ai enfin compris, après 30 ans de vie professionnelle…, qu’il n’y avait que 24 h dans une journée et 7 jours dans une semaine. Après plusieurs mois à travailler entre 70 et 80 heures par semaine et à ne pas profiter des vacances (ou si peu), ce changement professionnel est le bienvenue.

Non pas que je ne m’amusais pas où j’étais mais je n’ai jamais réussi à donner tout le temps prévu à un de mes clients puisque l’autre m’accaparait tellement.

Y a pas d’âge pour apprendre…

Ah oui, quel est le rapport entre ce qui précède et le titre de ce billet? Aucun vous réponds-je! C’est uniquement parce qu’hier je suis allé voir le spectacle de Dave Douglas & Keystone à la salle Desjardins-TELUS dans le cadre du 26e Festi Jazz international de Rimouski. Vous pouvez d’ailleurs jeter un coup d’oeil au texte que je viens d’écrire pour le blogue de Tourisme Bas-Saint-Laurent.

Ceci dit, Dave Douglas, un fantastique trompettiste américain, a pris le temps de parler en français avec les spectateurs. C’était plus que sympathique.

Ça m’a fait penser que pendant ce temps, notre boute-en-train de premier ministre du Canada venait de nommer un unilingue anglophone aux propos légèrement xénophobes et anti-francophones, comme directeur des communications de son cabinet. M. Harper doit sûrement faire de l’humour qu’il faut comprendre au 2e degré tellement le message qu’il veut passer dot être subtil.

Bah! En terminant, j’ai oublié de vous préciser que j’enseigne deux cours au Cégep de Matane (Communication publicitaire et Mise en marché de produits touristiques). Le premier groupe est composé de 31 étudiants dont 28 en provenance de la France, alors que j’accueille dans le second, 30 élèves dont les mêmes 28 étudiants français. Le plus cocasse là-dedans, c’est que ces étudiants français faisaient partie de quelque 100 étudiants internationaux que j’ai accueillis à Montréal dans la semaine du 8 au 14 août dernier.

Comme je ne leur avais pas dit que j’allais leur enseigner, j’anticipais beaucoup mon premier cours. J’avais hâte de voir si l’un d’entre eux allait souffler à son voisin : «Ah non, voilà le connard…». Malheureusement, cela n’est pas arrivé. Si j’avais entendu cette phrase, j’aurais donné 10 points à l’auteur :)

Bon automne à toutes et à tous! Je vous quitte car il faut que j’aille préparer des notes de cours et de labos!

0UTC Samedi 3 septembre 2011 at 16:57 4 commentaires

Avis à tous : Je viens de prendre mon bain!

Source : MSN Style de vie - Normalement, en cliquant sur la photo, vous pourrez lire l'article original.

D’accord! Ce n’est pas nécessairement le titre le plus subtil pour un premier billet mais il fallait quand même que j’essaie de capter votre attention.

Ce ne sera pas un très long billet mais il fait suite à une réflexion que je me suis faite à propos des annonces gouvernementales, surtout celles touchant la réfection de routes.

Même si nous ne sommes plus en campagne électorale et que les routes sont plutôt du ressort du provincial ou municipal, il n’en demeure pas moins qu’avec tous les travaux routiers présentement en cours, je suis souvent surpris des panneaux autopromotionnels gouvernementaux.

Lorsqu’ils sont placés aux abords de chantiers de nouvelles routes, ça passe. Mais lorsqu’ils le sont pour annoncer des travaux de réfection, dans le genre «Votre argent fais du chemin! Réfection de la route xxx. Investissement de xxx xxx $», je me dis qu’il faut quand même avoir du culot. C’est de l’entretien dont il est question pas une nouvelle construction!

Je me demande si je ne devrais pas placer un panneau sur mon parterre annonçant que je viens de faire la vaisselle, passer l’aspirateur, brosser la chatte ou comme le titre le mentionne, prendre mon bain (une fois par mois, ce ne serait pas trop fatigant…).

En tout cas, c’était ma petite réflexion de la semaine que je voulais partager avec vous.

En passant, ayons une pensée pour nos concitoyens de la grande région de Montréal qui traversent les ponts ou se promènent du côté de l’échangeur Turcot…

Bonne semaine.

0UTC Vendredi 1 juillet 2011 at 11:16 4 commentaires


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